Concours Bordulot thème de l'eau, non envoyé, chat échaudé craind...
La pièce était sombre et sur les murs dansaient les ombres de tout ceux qui trouvaient refuge devant la flambée. Claudia, une dame d’âge très honorable, se laissa aller, elle était assise au coin du feu, pour réchauffer ses vieux os glacés. Une coupe de champagne en main, elle commença son récit à mi-voix, sur le ton de la confidence pour ceux qui se trouvaient non loin d’elle. Elle observait les bulles dans sa coupe, quand sa voix douce prit la parole.
« J’ai connu une enfant, pétillante comme cette coupe de champagne. Son histoire coule de source. Elle a traversé notre monde comme une rivière en furie, et goutte encore sur la joue des personnes qui l’ont aimée. »
Pas à pas, la salle se rapprocha, chacun voulant entendre ce que la sagesse pouvait lui enseigner. La vieille dame monta d’un ton seulement, le silence qui s’était fait laissa place à son récit… Et d’une voix profonde elle entonna…
« Têtard, comment ça têtard, voilà donc à quoi se résume mon existence ? Pour l’instant, oui, je navigue entre ces eaux saumâtres, quel objectif ? Ce fabuleux soleil là-bas… Me voilà installé. Dans ces grottes obscures, j’ai trouvé mon chemin. Il ne me reste plus qu’à me loger, voilà, c’est fait, et attendre. Attendre la suite, attendre le commencement. Après quinze jours d’attente, je commence à envahir mon espace, à me faire une place. Désormais et bientôt, plus rien ne me séparera d’elle. Elle coulera en moi comme une essence de vie et ne me quittera qu’après le jour final. Un soupçon d’attente et la voilà, elle emplit tout, mes poumons. Le moindre de mes gestes est répercuté en vague. De têtard, je suis devenue sirène. Je peux désormais nager, la libération prochaine, sera certainement comme une bouchée d’oxygène, comme tous ces apnéistes qui s’essoufflent à retenir leur souffle. »
« Le jour de sa naissance, »
Claudia leva son verre comme pour porter un toast. Elle avait retrouvé sa voix normale.
« Océane, et ce prénom lui allait comme un gant, a poussé un cri strident, ils l’avaient arraché au bien-être du ventre de sa mère. Océane, notre têtard, avait passé 9 mois et 9 jours à la recherche de la perfection. La demoiselle fut plongée dans un bain à 37°C. Entre le ventre de sa mère souple et malléable et la baignoire rugueuse et rigide, elle aurait préféré rester dans son élément. Cela s’appelle la naissance, on est tous passés par là je crois… »
L’assistance pouffa aux mots de la vieille dame.
« Notre jeune grenouille n’est pas au bout de ses peines, adieu ces sensations de plénitude et de sécurité, désormais il faudra compter avec le reste du monde, et avant tout ce grand gaillard mal rasé, qui la prend dans ses bras !!! Son papa ! Dedans c’est maman, doux, humide et chaud, dehors c’est papa piquant, bruyant et aérien. »
L’assistance aimait le style désinvolte de la vieille femme qui correspondait assez peu à son âge, et chacun buvait ses mots comme si une révélation pouvait leur être faite à cet instant-là. Nous aimions particulièrement les récits de Claudia, mais celui-là, c’était la première fois qu’elle l’abordait, alors les enfants, devenus sages un instant, s’étaient assis devant son fauteuil, et bouche bée, buvaient ses mots.
« La conscience primitive d’Océane lui apprit, au cours des premières années, que ses larmes savaient couler aussi bien que son sang, qu’un bain pouvait être agréable, et une douche ruisselante encore plus, qu’une bonne gorgée d’eau savait étancher sa soif quand elle se présentait, que faire pipi chez les garçons était différent de faire pissou chez les filles. »
Cela fut dit de telle sorte que les plus jeunes rirent à voix basse et chuchotèrent en reprenant les mots pissou et pipi.
« Et je pense qu’Océane gardait quelque part en tête cette fabuleuse sensation de plénitude de sa période têtard.
Cette jeune enfant trouva du plaisir à la nage et aux apnées, au grand dam de sa mère, qui avait une peur effroyable de l’eau. Océane ne ratait pas une occasion.
Sous un orage de printemps du sud, vous savez, de ceux dont l’intensité remplace la durée des pluies, ailleurs plus fines et plus éparses,
elle se jetait dans les flaques, pieds nus.
Dans le Lot, au pied de la maison de vacances familiale, où les vaches allaient boire, elle plongeait en culotte, dans l’espoir d’attraper la fameuse truite de son père. Océane avait vu son père une truite à la main en photo sur un mur de la maison. »
Claudia ponctuait son récit d’un arrêt pour une petite gorgée de champagne, puis reprenait aussi sec :
« C’est tout naturellement qu’adolescente elle choisit la natation synchronisée : la sirène renaissait le temps d’une séance. Notre jeune têtard, enfin, grenouille, enfin crapaud, vu le nombre de pustules étalées sur sa face »
L’assistance toussota, Claudia reprit,
« Océane, noyait ses chagrins d’amour par temps de grand vent sur la jetée du port. Les cliquetis des bateaux submergeaient les clapotis des vagues et ses larmes d’amours enfantines. Et par temps calme, elle partait à l’aube, l’été, faire du ski nautique avec son amie d’enfance. »
On remplit à nouveau la coupe de la vieille dame, et Claudia, songeuse, observait les bulles qui dansaient dans son verre. Semblant y trouver de l’inspiration, elle continua.
« Elle s’essaya à la plongée, ne respectant aucune règle, faisant des allers retours entre zéro et dix mètres avec une bouteille vide. Son plaisir, observer et suivre l’air prisonnier des bulles cherchant désespérément à retrouver sa liberté. Plongée après plongée, elle tenta de faire la course avec elles, contrairement à toutes les recommandations. Son expérience sous-marine se termina le jour où elle s’endormit au fond de la piscine, un détendeur en bouche, reliée aux compresseurs externes par un long tuyau. Ne répondant plus, pour cause de sommeil profond, aux gestes élémentaires de sécurité, elle fut réveillée par une secousse sur son bras. »
On entendit dans la salle, un « c’est impossible ». Et Claudia, qui n’avait pas son sonotone dans sa poche rétorqua, « Mais si Jean, c’est possible. ». L’incrédulité de Jean ne lui fit pas lâcher son récit, bien au contraire, elle reprit de plus belle, un ton plus bas, ce qui attira l’attention de tous.
« Arrivée proche de l’âge adulte, le crapaud, redevenu sirène, voulut quitter la mare. C’était une résolution, une révolution même, comme disait son petit cousin. Partir, loin, faire un tour du monde. Son passe-temps favori fût dès lors de préparer le voyage dont elle rêvait.
Pour l’avoir bien connue j’ai suivi ses rêves de périples à la trace, tentant, à chaque étape, de la dissuader, comme si ce fut possible…Sa première destination devait être Venise, et ses gondoles… Alors je lui soufflais que les eaux propres de la Venise de ses rêves seraient remplacées par celles moins propres de la vraie Venise. Désolée de cette arnaque publicitaire, elle aurait alors embarqué pour Murter en Croatie. J’imaginais que son voyage aurait pu s’arrêter là, retrouvant dans cette Adriatique la Méditerranée de son enfance, avec ses côtes travaillées par la nature comme le tableau d’un peintre au couteau.
Mais têtard elle fut conçue, têtue elle resterait, et elle me rétorquait : « Si je quitte l’aquarium familial ce n’est pas pour m’arrêter au premier bocal venu».
Elle prévoyait de suivre son chemin vers la mer Egée, passant par Athènes, pour atterrir sur Paros et Antiparos, iles du voyage de noce de ses parents. Je l’avisais, « le soleil te brulera les yeux, la poussière te séchera la gorge », elle rétorquait, « j’étancherai ma soif avec une pastèque rouge sang, et reprendrai mon chemin ». Certes Egée aurait été toute aussi intéressante, mais le bocal serait toujours resté aussi petit. Elle envisageait ensuite un bref séjour en mer noire, train puis bateau, par curiosité et serait retournée à Athènes sans plus de conviction, concernant la Mer Noire, qu’avant sa visite du Parthénon. Là, je n’ai pas cherché à la dissuader, la Mer Noire et ses phénomènes m’ont toujours intriguée. Puis elle se serait envolée vers le Caire, le Nil lui semblait une destination agréable, à moi aussi d’ailleurs, après tout, c’est bien là que les pharaons ont trouvé leur éternité. »
Claudia ponctua son monologue d’un clin d’œil aux enfants, but une gorgée et elle reprit à nouveau :
« Plus son rêve de voyage se précisait moins je sentais le besoin de la dissuader. Ses arguments étaient toujours incontournables, et sa volonté semblait tellement se construire, que je ne me sentais, ni le droit, ni le devoir, de l’empêcher de réaliser ses rêves. Rêver ne peut faire de mal à personne ! Elle pensait voir les pyramides et le sphinx de loin, en atterrissant au Caire. Puis elle se serait dirigée vers le port le plus proche. Elle croyait trouver, après deux jours de tractations, un jeune capitaine en mal de voyage et son bateau de plaisance, suffisamment robuste pour supporter le voyage. Ensemble, ils auraient suivi le Nil, puis le Nil bleu, jusqu’à la source sacrée du Nil, et franchi la frontière éthiopienne. Le périple aurait été mouvementé, mais dans sa quête indéfinie, Océane ne pensait reculer devant rien. »
Claudia leva la tête, chercha Jean du regard et d’une voix plus prononcée lui lança…
« Là Jean, tu devrais être surpris, on ne remonte pas le Nil, mais on le descend, on le descend toujours, mais c’était sans compter avec Océane et sa détermination… »
Cette parenthèse faite Claudia reprit naturellement son histoire :
« J’ai bien tenté de lui ouvrir les yeux sur les risques d’un tel périple, sur les ses chances extrêmement faibles de trouver un jeune et beau capitaine, sur le fait qu’elle soit une femme et tous les dangers que cela pouvait engendrer, rien n’y fit. Je crois qu’elle dessinait son destin, là sous mes yeux et que jamais je ne m’en suis rendue compte.
Océane m’affirmait comme si un jour elle y avait été, que chaque coucher de soleil et chaque paysage aquatique étaient plus remarquable que les précédents. Qu’elle apprécierait ce long périple et toutes les populations qu’elle croiserait. Que l’hospitalité, les yeux, les mains, les coutumes et les rites, les difficultés, l’enrichiraient peu à peu. Mais rien ne la détournerait de sa quête, chaque minute passée serait comme une initiation à une nouvelle vie, une découverte de chaque instant, son empathie pour le monde la rendrait plus forte et plus solide. Chaque évènement surprenant la plongerait, après coup, dans des réflexions de vieillard aux portes de la vie. Et je sais de quoi je parle… » Ajouta Claudia.
« En tant que vieille amie, moi sa marraine, de 40 ans son ainée, j’eus beau dire et faire tout ce qui était en mon pouvoir pour pointer du doigt les dangers d’une telle aventure, le jour de ses 18 ans, Océane partit. En poche, son bac, une carte europ’assistance monde, que j’avais pris le soin de lui offrir, et un billet tour du monde pour l’aéroport le plus proche. Une seule condition pour ce voyage : ne jamais faire marche arrière et son billet resterait valable. Un atlas détaillé dans le sac, un maillot de bain, palmes masque et tuba, une cape imperméable achetée spécialement au Vieux Campeur pour la protéger de la mousson, sa gourde évidement, quelques vêtements, une polaire sur le dos pour les nuits froides, et cela devrait suffire, le reste elle l’achèterait en route. J’aurai bien pris avec elle la poudre d’escampette, mais les roues qui me servaient déjà de jambes étaient définitivement trop présentes pour ce genre d’aventure. »
Comme pour la réconforter, on apporta à Claudia un petit chocolat, qu’elle goba, puis rinça par une gorgée de champagne, rien ne pouvait arrêter Claudia dans ce récit, elle y mettait force et détermination comme si la fin devait être connue de tous et par tous, comme si cette fois-ci, ce récit-là devait nous apporter plus que tous les autres. Elle précisait tout, songeant certainement que demain il ne resterait quasiment rien de ce qu’elle nous avait dit. Sa mémoire fonctionnait à merveille, chaque détail nous étions prêts à prendre l’avion avec Océane.
D’après les cartes postales qui me parvinrent, elle rencontra, comme dans ses projections, le gentil capitaine égyptien, mais les premières chutes eurent raison de lui et de son bateau. Ils se séparèrent donc avec regret, lui retournant au Caire, elle continuant son périple seule sur des bateaux de pécheurs. Elle aurait pu stopper net son voyage suite à la rencontre du capitaine, mais rien, pas même l’amour, ne pouvait l’arrêter. Elle arriva au Lac Tana, puis alla jusqu’à Gish Abbaï, source spirituelle du fleuve. Océane prit un billet d’avion, de Bahar Dar, vers Djibouti où elle s’envola vers les Seychelles. Dans sa carte elle m’écrivit « les Seychelles et ses roches en forme de madone ludique posées là sur la plage sont sans intérêt, tu y perdrais ton temps ». Un argument digne des miens je dois l’avouer. Elle reprit un vol vers Maurutius, puis un bateau pour la Réunion. Elle débarqua au sud de l’île, dans une région où les chutes et cascades sont toutes plus belles les unes que les autres. Face à cette eau en mouvement, elle se sentit minuscule et impuissante. »
La vieille dame s’arrêta une seconde, but une gorgée, puis reprit ;
« Lors de nos excursions estivales, nous avions découvert une cascade réputée pour engloutir les arbres d’aplomb, ce sentiment d’impuissance, et cette sensation de domination nous avaient submergées. La Réunion fut une nouvelle initiation à la puissance de l’eau. Océane dont le cœur était encore chamboulé par le capitaine d’eau douce, trouva en cette furie un peu de réconfort. De la Réunion, elle reprit un petit vol vers Madagascar, visita l’île aux Nattes et son lagon, « d’une sérénité mortelle », m’écrivit-elle ; elle repartit alors vers les Seychelles pour continuer son voyage, cette fois vers l’Inde, objectif Jojo, un dauphin sauvage solitaire. Océane avait toujours rêvé de plonger avec des dauphins libres, et elle ne pouvait passer à côté d’un dauphin solitaire qui jouait volontiers avec les hommes. Elle réalisait ainsi l’un de ses rêves d’enfant. Elle faisait partie de la génération Grand Bleu, alors nager avec un dauphin signifiait réaliser quelques fantasmes d’adolescente, ce sera comme se retrouver aux côtés de Jean Marc Bar pour une plongée de toutes les sensations, m’avait-elle avoué en préparant son voyage. Puis elle se dirigea vers le Palais du lac au Rajasthan : la blancheur éclatante du palais posée sur cette eau si sombre, la laissa sans mots. Elle m’envoya d’ailleurs une carte du palais, et n’y inscrivit que mon adresse. Océane suivit ensuite des pèlerins direction Vârânasî pour leur bain sacré. Elle se plongea aussi dans l’eau sale du Gange, et même si le mysticisme nettoyait quelque peu les âmes de ses voisins, mis à part le formidable élan de spiritualité qui l’envahit, elle ne pensait qu’à une chose, une bonne douche chaude, l’eau propre. Elle quitta l’Inde pour le Chine le lendemain de l’arrivée de la Mousson. Et m’envoya une lettre… »
Claudia sortit avec difficulté de sa poche une enveloppe jaunie, elle prit le temps de l’ouvrir délicatement, sortit une lettre tout autant jaunie et que de multiples lectures avaient abimées, et lut :
« Chère Claudia,
Merci à toi ma chère et tendre marraine. Je me réjouis que tu te sois rangée à ma décision. Je suis heureuse. Ce voyage laissera des traces dans mon cœur, et tellement plus dans mon âme.
J’aime le ruisseau que je suis.
Je t’aime.
Océane »
La vieille dame plia soigneusement le précieux document, le glissa dans l’enveloppe et posa le tout sur ses genoux. La voix troublée, elle reprit :
« Ce fut sa dernière lettre, comme si quelqu’un avait décidé que son voyage ne devait jamais se terminer. Elle mourut dans ce stupide accident d’avion, quelque part dans l’Himalaya…une erreur de pression des pneus du train d’atterrissage. Ses parents en furent informés par télégramme, via le quai d’Orsay, lui-même informé par l’ambassade. Quant au corps de Océane, on ne le retrouva pas, l’avait-on seulement cherché ? Les conditions sont si difficiles à ces altitudes-là, on ne peut pas leur en vouloir. A croire que sa vie devait se résumer à une goutte d’eau, tombée un jour de pluie. » L’assistance retint son souffle, une larme coulait sur les joues les plus sensibles, mais rien ne faisait faillir Claudia dans son récit. D’une voix étouffée, elle reprit :
« Je n’ai pas de mal à imaginer ce que fut la suite de son histoire…
Goutte d’eau, comment ça goutte d’eau, voilà donc à quoi se résume mon existence ? Pour l’instant, oui, je navigue entre ces eaux saumâtres, quel objectif ? Ce fabuleux océan là-bas… Me voilà installée. Dans ces rivières obscures, j’ai trouvé mon chemin. Il ne me reste plus qu’à me loger, voilà, c’est fait, et attendre. Attendre la suite, attendre le commencement. »
Un frisson passa dans l’assistance. Claudia, songeuse, poursuivit :
« On se demande souvent comment voyagent les âmes et bien tout ce que je peux vous dire, c’est que le voyage de notre petite sirène, ma filleule, ne s’est pas arrêté le jour de sa chute accidentelle dans l’Himalaya. Son âme trouva refuge dans une simple goutte d’eau. Désormais elle est unité et profondeur, larme et rosée, pluie et tsunami, glace et mirage. Il n’existe nulle goutte sur cette terre qui n’ait entendu parler de notre sirène et de son phénoménal voyage. C’est aujourd’hui, le vent, les cumulonimbus, les raz de marée, le jet Stream, qui la font voyager. Et s’il vous arrive un jour de vous demander pourquoi cette rosée vous semble familière, comme ce fut mon cas ce matin, dans mon jardin, il se pourrait que ma petite sirène soit passée par là. »
Voilà donc pourquoi Claudia ne nous avait jamais raconté cette histoire avant. Le gâteau arriva alors, la vieille dame souffla ses bougies aidée par les enfants.
Cette nuit-là, une pluie de printemps intense et soutenue tomba et je ne sais pourquoi, nu pieds, je me suis amusée à sauter dans les flaques.
Imposé pour ce texte la musique...
http://www.youtube.com/watch?v=-LXl4y6D-QI
Lancez la musique ci dessus pour lire le texte....Claire de Lune de Debussy
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Notre langue, une suite de lettres ordonnées qui sonnent et résonnent à chaque mot.
Dire papa est-ce si compliqué ?
Non, certes pour vous qui conjuguez, mais pour un nouveau-né ?…
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Les premiers mots, PAPA, MAMAN, mais aussi tous ceux qui simplifient la vie, OITURE, BIBI, et d’autres plus parfumés. Signer d’un mot justicier, la réaction attendue…
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Voilà l’âge des premières phrases, enchainer les mots, les prononcer et les ordonner.
Ponctuer leurs phrases des miennes.
Donner mon avis, oui…moi si petit….et si grand mon avis
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L’âge du premier alphabet, chanté au rythme d’une mélodie déjà oubliée… ponctuer de fautes, les premières, de lettres trop compliquées pour être prononcées, si inutiles qu’elles seront éludées…
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P et A çà fait PA, facile, oui mais ….
M et I çà fait MI…. Et si do ré, les avez-vous oubliés…
Monsieur, c’est si compliqué qu’on l’apprend en entier.
L et OU çà fait LOU, sachez que celui de nos cauchemars prends un P, non je n’ai pas dit LOUPé j’ai dit LOUP.. le P reste muet…Il faudrait regarder à la loupe l’incidence des lettres qu’il faut taire….
Et dire qu’il a tant de difficultés à les aligner ces lettres… Allez, un effort…
Ce soir je lis… Ce soir je sais lire…Et voilà…demain ce sera Harry Potter
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Désormais je sais presque conjuguer, mais…
Expliquez-moi à quoi peut servir un COD, un COI ou tout autre sujet ou participe passé !!!
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C’est Harry qui me borde, et je referme le 7ième TOME, rien ne pourra remplacer sa magie.
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Pourtant d’autres viendront, avec leurs temps, leurs rythmes et leurs complications, des classiques, et de ceux qui ont fait pleurer nos écrans, mais rien ne remplacera ces mots qu’ils ont aligné là sur une feuille, dans un livre quelque part, page 10 je crois, si ce n’est page 25….
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On fera de moi un génie, si tous les mots complexes je les ai appris, alors, ce sera l’encyclopédie…mais les utiliser à bon escient, sans oser se tromper sur le sujet, sans oser dévier de la phrase gravée par des académiciens ….
N’ai-je donc le droit de rêver de mots qui s’envoleraient maintenant que je sais conjuguer ?
Allez, je vous l’avoue, je rêve de ce temps où je disais un tain pour un train, sentez-vous l‘effluve de sa différence ? Je rêve, de cet ABCD qui ne m’avait pas encore tout à fait rattrapé….
Sérénité
Le ciel s’obscurcit, l’orage menace, mais bizarrement Mathilde est sereine.
Appliquée, le sourire aux lèvres, elle frotte avec un torchon de cuisine rose la lame tranchante d’une feuille de boucher.
Elle débarrasse cette immense table en bois qui trône depuis une éternité dans cette cuisine, lave son plat, puis ses mains et les essuie. Mathilde attrape une manique, soulève le couvercle de la cocotte, tourne délicatement avec une cuillère en bois, hume le parfum, teste du bout des lèvres sa sauce, baisse légèrement le feu, et la referme avec ce léger tintement de cloche qui caractérise les cocottes en fonte.
« Referme soigneusement la cocotte, Mathilde » lui disait sa grand-mère. Et c’est toujours cette musique qui valide la fermeture.
Elle vient de finir sa blanquette de lapin. Préparer la bête lui a pris la matinée. Mathilde tient cette recette de sa grand-mère, le genre de plat qu’on ne cuisine pas tous les jours, mais qu’elle a toujours du plaisir à préparer. L’odeur de la cheminée et du bois humide, se mélange à la senteur du lapin caramélisé et de sa sauce légèrement citronnée, LE fameux secret de sa grand-mère.
Le ciel est noir, le tonnerre gronde. La pièce s’assombrit. Mathilde allume la lumière, puis ouvre la fenêtre, elle aime ce temps. Ces parfums de campagne bientôt mouillée, et cette lourdeur qui tombe enfin quand l’orage éclate. Ce léger frisson qui parcourt notre corps comme si une âme venait de nous frôler. Cette liberté retrouvée après avoir passé un long moment étouffée. Elle aime cette sensation électrique, cet instant où tout est suspendu au bon vouloir du ciel et de la terre. Elle se verse un fond de café restant, et enserre la tasse pour se réchauffer les doigts. Le contact de la céramique tiède redonne à son corps une sensation de chaleur.
Les premières gouttes de pluie tombent violemment et s’écrasent dans la poussière de la cour, bientôt le sol ponctué de taches se transforme en une mélasse puis doucement se met à ruisseler. Les gouttes forment désormais de vagues cercles dans les flaques.
Les mouches qui tournoyaient dans la pièce, se posent délicatement de ci de là, profitant de cette accalmie.
Les lumières clignent, puis s’éteignent. Mathilde sait par expérience où sont rangées les bougies, elle fouille dans le vieux buffet grinçant qui trône dans la cuisine, déniche une boite d’allumettes, et fait bientôt scintiller cette douce lueur de bougie. Elle affectionne cette sensation d’être seule au monde. La flamme de la bougie vacille sous le souffle d’air, les ombres, pourtant si sages habituellement, se mettent à danser dans la pièce. La splendeur du feu de cheminée les fait danser aux rythmes d’un tango, une fois avec délicatesse et souplesse, l’autre avec force et détermination. Un fantastique coup de tonnerre retentit comme un éclat de cymbales dans un concert de musique classique.
Un éclair vient se mêler à la fête et une fraction d’instant fait oublier tous les pas rythmés de ces danseurs improvisés.
Puis ils reprennent leurs droits.
La pluie est désormais plus intense et plus serrée, le vent se renforce, les gouttes se faufilent sur la desserte installée devant la fenêtre.
Mathilde ferme les vitres. Un coup de vent s’engouffre dans la pièce, faisant céder la flamme de la bougie et vaciller le feu de la cheminée.
Les vieux rideaux en dentelle accrochés à mi hauteur, profitent de cette obscurité pour retrouver leur blancheur oubliée. De la dentelle de Calais, lui disait sa grand-mère, souviens-t-en. Comme s’il eût été possible d’oublier les mots de son aïeule qui lui avait tant appris, et donné tant d’affection. Enfant, elle l’avait trainée dans toutes les manufactures de France et de Navarre, lui avait enseigné à observer pour apprendre, et cela, n’avait jamais quitté Mathilde. Cette tendresse et ce respect pour des métiers qui peuvent sembler désuets, Mathilde les a conservés précieusement. Elle passe son temps libre à refaire des gestes ancestraux, de la peinture sur vitrail, de la tapisserie, ou simplement tisser sur ce vieux métier posé près de la cheminée.
La pluie frappe désormais à grand bruit les carreaux, un volet claque et se fige. Mathilde pense une seconde à sortir pour l’accrocher, puis oublie.
L’immense horloge qui trône dans la pièce comme un œuvre de musée, sonne 11 coups puis repart dans son toc-toc d’un autre temps. Sa famille a toujours pensé qu’elle avait une profonde aversion pour cette pendule. Il n’en est rien, elle aime cette musique quand elle est seule, elle comble la pièce. En compagnie, le carillon a juste tendance à interrompre leurs conversations, et cela elle ne le supporte pas. C’est la fin de la matinée et pourtant, l’obscurité de l’orage pourrait faire croire à une fin de journée.
Elle se rapproche du feu, lui appose ses mains, les frotte, prend un tisonnier, et déplace la bûche centrale. Le feu reprend de l’éclat, une bouffée de chaleur l’assaille, une nouvelle quiétude l’envahit. Elle tire une chaise, et s’installe devant le feu. Le crépitement léger de la bûche retournée se mêle au bruit des gouttes qui finissent leur course sur les vitres.
Mathilde attrape son livre. Elle l’a trouvé dans la vieille armoire de la chambre d’amis. C’est à chaque fois le même scénario, chaque objet échappé de cette pièce, la plonge dans une rêverie instantanée. Cette chambre n’est plus utilisée depuis longtemps, son parquet craque et couine, de jour comme de nuit. Elle sert juste à entreposer les reliques, livres de recette de sa grand-mère, médailles de guerre de son père, jouets mécaniques, quelques crucifix posés sur un prie-Dieu usé, des livres à foison récupérés dans des brocantes, pour une misère, ou ramassés sur les étagères d’amis, une machine à coudre de marque Lada, de ces modèles qui n’ont jamais nécessité d’électricité, un tas de tissus et coupons qui attendent, las, une seconde vie, quelques tableaux entreposés à même le sol, portraits de jeunes enfants. Un grand lit post révolutionnaire voisine un vieux voltaire, dont le velours rasé et éventré, attend une nouvelle jeunesse.
C’est au milieu de ces trésors que quelques semaines plus tôt, elle avait découvert par hasard le journal de sa grand-mère, dans le tiroir secret de la veille armoire normande. Elle avait tout d’abord parcouru ce journal avec regrets, et appris que la vieille femme avait aussi été une belle, jeune et veuve fatale. Quelques photos témoignaient de cette époque que Mathilde n’avait jamais connue. Hésitante, elle avait reposé le journal, mais le lendemain, elle s’était réveillée tôt, était montée dans la pièce, s’était assise sur le voltaire, et avait lu le journal d’une traite. Elle y avait découvert une femme qu’elle ne connaissait pas. Depuis ce jour, un passage du journal la hante, « il m’a pris les poignets et dans un élan de désir m’a renversée sur la table, ses doigts ont dégrafé mon chemisier, et je me suis abandonnée à lui comme si je le connaissais ». Comment s’imaginer la vieille dame autrement qu’avec des cheveux teints, et des robes cachant mal ses rondeurs attendrissantes ?
L’ambigüité des sentiments de Mathilde pour sa grand mère était depuis constante, entre l’amour qu’elle avait toujours ressenti pour cette vieille femme et le dégoût admiratif que pouvait lui procurer ce journal. Une certaine culpabilité la ronge, elle n’aurait jamais su si elle n’avait pas lu. Et jamais lu si elle ne l’avait pas vu. Elle a donc décidé, ce matin, de reposer le journal dans sa cachette, sans même déloger les araignées qui s’y trouvent depuis des lustres. Elle a ordonné un peu la pièce, et, comme pour cacher les traces de quelques instants torrides aperçus par une porte entrebâillée, elle a recouvert la jetée de lit d’un drap blanc. De ces draps dont on recouvre les cadavres.
Le feu de la cheminée éclate, Mathilde sort de ses rêveries, une écorce vient finir sa vie sur les carreaux du sol. Comme pour effacer la phrase qui retentit en elle, -il m’a pris les poignets-, elle ouvre son livre à la page cornée, puis reprend.
‘’Natacha est seule dans la pièce. Des coups sourds et malvenus retentissent à la porte.’’
Mathilde frissonne, mais continue.
‘’Natacha se dirige vers la porte, l’ouvre, un homme d’honnête corpulence, l’attrape, lui prend les poignets, l’allonge sur la table, arrache son chemisier, Natacha se débat, il saisit la feuille de boucher. Le premier coup lui est fatal. Elle s’écroule, un jet jaillit de son cou. Dans un dernier souffle, elle verse une infime larme.’’
Mathilde jette un œil à son couperet, pour se rassurer, il est toujours posé sur l’évier, elle pose son livre, respire profondément, décidément elle n’a pas le cœur à lire non plus ce genre de d’ouvrage morbide. Quelle idée d’ailleurs de l’avoir commencé ? Peste-t-elle.
Elle rallume sa bougie.
Alors elle parcourt la pièce des yeux. Ils s’arrêtent sur les plaques publicitaires en métal d’une autre époque. Ce fameux Banania qui recouvrait ses tartines beurrées quand elle était enfant. Le vieux seau à champagne posé près de la cuisinière, qui déborde de louches, cuillères en bois, couteaux, chinois et autres ustensiles dont elle seule semble connaitre la mission. Ces casseroles en cuivre, suspendues en désordre près de l’évier, et dont les fonds astiqués reflètent les lueurs de la pièce. Une affiche jaunie recense les champignons et leur toxicité. Un garde-manger grillagé antique est posé sur le buffet grinçant. De fil en aiguille, son regard se pose, sur ces vieux torchons accrochés à la poignée du four. Pique ma fille, attention à tes doigts, as-tu pensé à ton dé? C’est ainsi qu’elle avait appris à coudre avec sa grand-mère assagie, ces torchons, coupés dans des draps, elle les avait ourlés, puis brodés. Certes, maintes fois elle avait hésité à les jeter, mais par amour pour sa grand-mère, elle les a toujours reprisés.
La pluie s’est arrêtée, un rayon de soleil traverse la cour. Les chenaux gouttent doucement pour finir de remplir les tonneaux récupérateurs de pluie. Les oiseaux reprennent leur vol et leur chant. L’électricité revient dans un soubresaut. Le frigo reprend son ronronnement, les mouches leur vol avec un léger bourdonnement. L’instant tant apprécié et ses petits plaisirs laissent place aux réalités éclairées.
Des coups sourds retentissent à la porte.
Mathilde tressaute.
Elle se dirige vers la porte, jette un œil à son évier, qu’elle ne voit pas de l’entrée. Elle ouvre la porte et…
Sons des phrases et touché pour évoquer une émotion
Le tocsin percuta une dernière fois son tympan. Il partait droit vers sa dernière demeure. Un lourd claquement referma le cercueil. La rage des restants qui pleurent rendait glauque le cortége. Certes il aurait apprécié d’être invité à sa mise en terre. Mais personne n’y avait pensé. Quelle nonchalance, un chat passant par-là, miaula, il interrompit un court instant ce fracas de regrets et de cordialités hypocrites. Il avait aimé les chats, il avait aimé les femmes, il avait aimé la vie. Mais personne ne fit raisonner cette vérité-là. La douceur du ronronnement mécanique sous la main, le miaulement improbable de cette femme sous ses caresses, la vie douce et ses simples plaisirs, le pain croustillants qui se déchire entre ses doigts, le vin liquoreux qui résiste encore un peu pour sortir de la bouteille, suinte sur les parois du verre et enfin émerveille son palais, la douceur d’une lamelle de chèvre se profilant à la commissure de ses lèvres.
Était-ce donc cela l’enfer, les regrets éternels de quelques douceurs insoupçonnées ?
Et le paradis, qu’en advenait-il, devait-il supporter ces grimaces de pleureuses qui rouspètent leurs disparus ? Quand allait-on fermer les portes ? Quelle serait la musique de cette fin éternelle, celle d’une harpe ? Sous sa main un nuage, effleuré comme une femme aimée.
Il avait aimé cette vie-là, et regrettait avec amertume son enterrement. Mais son purgatoire ne faisait que commencer, la résonnance de ses actes et le souffle de sa vie le déchiraient. Entre la main chaude et tendue de ses démons et la caresse appliquée de l’archange Gabriel, il devait choisir.
Le gout des choses
Une nuit, saisi d’une petite faim, il a grignoté un morceau de chambre, si, si, c’est arrivé. Il était seul, dans sa chambre, assis à son bureau, pour rédiger son nouveau sujet d’examen de philosophie. Voilà des heures qu’il planchait sur la chose, et tout à coups, il commença à écrire
- Quel gout pourrait avoir votre nom ? Prénom ? Lieu de naissance ? Activité préférée ? ville ? Demeure ?
Quelle drôle d’idée que ce sujet de philo pensais-je, mais bon, cette petite chose, là, dans mon histoire, a bien le droit de dire et faire ce qu’il veut, du moment qu’il ne me dérange pas dans le déroulement de mon histoire !
Il m’interloqua
- Que répondrais-tu toi ? Oui, toi le narrateur ?
Est-ce qu’un personnage, même philosophe, a le droit d’apostropher le narrateur ?
Il reprit d’un air moqueur :
- Je répète la question pour ceux qui ne l’auraient pas entendue.
Il semblait clairement s’adresser à moi.
- Quel gout pourrait avoir ton nom ? Prénom ? Lieu de naissance ? Activité préférée ? ville ? Demeure ?
Alors après une très courte hésitation, je me pris à son jeu:
Astruc, eh bien une douceur croquante style bonbon, qui croustille sous la dent c’est au moins ce qu’il faut pour porter un nom comme çà, à moins que je ne parle de la traduction : « né sous une bonne étoile », et là je vois une soupe d’étoiles, comme celles de ma grand-mère, ou carrément la voie lactée
Nathalie, ce serait un morceau d’agneau cuit au méchoui croustillant à la peau craquante et plus tendre dessous, mais tu n’as pas le temps de l’apprécier que tu l’as déjà mangé.
Puis il se met à rétorquer à voix haute, comme si je pouvais l’entendre :
- Enchanté Nathalie Astruc, et pour ta ville natale tu vas me dire…Hyères les Palmier, me fait penser à un palmito
Et moi de répondre : Et comment t’as deviné ?
- Pour ton activité préférée tu vas me dire quoi, sport de combat ?
Non, Sabre, et là je te dirais que j’en attends au moins autant que j’en donne, et que mon instinct permanent de survie se réveille…..alors ça m’évoque le gout du sang de cette époque où les sabres servaient à survivre, vivre et mourir. Si tu ne fais pas ce que tu dois pour te protéger et bien un léger gout d’amertume te reste en bouche en plus des bleus, évidement.
Ma ville ? Montpellier, eh bien ce serait une disserte de bruits de travaux ; de fumées de pierres coupées, de crottes de chiens sur lesquelles tu glisses, de rixes d’ivrognes à des heures de retour d’école, m’enfin un léger gout de sauve qui peut.
Et quant à mon chez moi, c’est un appartement, grand très grand, avec une circulade comme dans tous les espaces qui se respectent, les gens ne sont pas obligés de se croiser tout le temps après tout, quelques moments, sans tomber sur la seconde ou le quatrième, de la tranquillité, une saveur de paix, avant minuit bien sûr, après, une saveur de rage et l’envie de jeter des seaux d’eau par la fenêtre pour les faire taire ces soulards qui hurlent en sortant de boite;
Et lui de reprendre,
- C’est bien joli tout çà, tu sembles avoir réponse à tout, et si je te disais de grignoter un bout de ta chambre. Quel gout çà peut avoir une chambre ?
Quelle idée, ce n’est pas un prof de philo que je dépeins, mais un idiot ! Une chambre, quel gout çà peut avoir ? Attendant ma réponse et de peur d’interrompre notre conversation, il reprit :
- Bon OK, la chambre c’est un peu dur, alors, le gout des regrets ?
Je dirais, un truc rance que t’as oublié dans le frigo mais que t’as pas le cœur de jeter…
- Ta chambre ?
Sans réponse de ma part, pour cause de réflexion il reprend :
- Le gout de l’amour ?
Une douce soirée sur la plage de Maguelone avec en fond le coassement des crapauds, mais çà c’est pour moi, toi t’as certainement autre chose en tête…
- La tristesse ?
Celui des larmes voyons …
- Ta chambre ?
Mais vas-tu cesser de m’importuner avec cette question stupide ?
- De la joie ?
C’est amusant, la joie, je ne l’associe pas à un gout, mais à un éclat de rire, à des éclats de rire, quoi que le rire çà doit bien « goutter » quelque chose quand même.
- De la jalousie ?
Au dentiste, aux dents qui se serrent, pour ne pas laisser passer la roulette, au produit de l’anesthésie, oui, la jalousie çà anesthésie la vie.
- Ta chambre ?
Si tu me poses encore une fois cette question, je referme mon livre ! Surpris, de ma réaction et conscient de son incidence, il reprit :
- Des remords ?
Et bien un gout d’amertume dans le fond de la gorge.
- Du mépris ?
C’est comme la jalousie, le dentiste, mis à part le fait que tu penses en sortir soulagé, rien ne t’oblige à aller dans cette voie là et pourtant… tu y vas bêtement.
- Du plaisir ?
Je toussote, il reprend :
- De l’enthousiasme ?
Euh, comment dire, laisses moi réfléchir, se bruler les ailes sans avoir conscience que tu vas te les bruler, et recommencer la fois suivante, et bien le gout du poulet brulé, tu sais quand tu finis de plumer un poulet au chalumeau, cette odeur de plumes grillées et ce léger gout de salive qui t’emplie la bouche.
- Et la mélancolie alors?
Les savates qui trainent sur le parquet… en faisant scruitch, scruitch…la bouche emplie de poussière comme quand tu rentres dans un vieux grenier ou tu secoues de vieux albums photo.
- L’angoisse ?
Une difficulté certaine à avaler… et un arrière gout électrique sur la langue….
Et il reprit de plus belle… si je te dis :
- Ta chambre ?
Cette fois ci s’en est trop, tiens, pour ton entêtement, je vais te donner le gout de la patience.
Et ce pauvre prof de philo entêté, se mit à avoir un hoquet de bébé.
Mais il ne se découragea pas pour autant :
- Un courant d’air ?
Et bien un humm ou un pfeuuuuu… tu vois le genre de truc qui laisse à penser que tu as beaucoup plus en tête que ce que tu donnes…
- Un rêve ?
L’envie de fermer les yeux, le grincement de dents des monstres cachés dans le noir, la moiteur de mon corps sous une étreinte, les bonbons de mon enfance quand j’y retourne, et quelque fois même la terre qui m’ensevelira.
- Un clin d’œil ?
Celui d’un baiser volé
- Un bâillement ?
Une sucette de bébé
- Un nuage ?
Une barba papa j’ai toujours imaginé que les nuages avaient un gout de barba papa qui n’a pas imaginé décrocher un nuage et le croquer à pleines dents
- Un orage ?
Un serrage de dent à chaque coup de tonnerre, un oh à chaque éclair, en fait à la fois l’enfance et ses peurs et la joie de ces illuminations quelles qu’elles soient qui ont toujours porté leurs fruits … feux d’artifices, décorations de noël.
- Un billet de 500 ?
Bah !!!! T’imagines, le gout des mains sales quand tu sors du Tram, quoi qu’il ne passe pas entre tant de mains que çà, alors, le gout des rêves, si tant est que manger un billet pouvait me faire rêver !
- Un quart d’heure de retard ?
Le gout des cigarettes, c’est un quart d’heure montpelliérain, alors faut s’y faire.
- Un vertige ?
Si c’est celui du vide, la fatale attirance, la mort, si c’est celui des pommes, et bien la pomme, pour les autres, je ne sais pas.
Il se tue semblant gamberger.
Il allait reprendre avec ses questions stupides alors, avant toute chose, je pris un morceau de sa chambre et lui fourrai dans la bouche, il se rendrait bien compte finalement du gout des choses, si il était capable de les gouter, il suffisait de les gouter. Et il finit par admettre,
- Oui, tu avais raison, c’est stupide comme question.
Petit échange entre un client et un service client
Madame reçoit une lettre par le courrier
Elle l'ouvre, la lit dans l'ascenseur et une excitation sournoise lui monte au visage sous forme de plaques rouges.
Madame et Monsieur Dauville,
Suite au non paiement de votre facture N° 2345, nous nous voyons dans l’obligation de cesser votre abonnement internet.
Sincères salutations
Le service clientèle
D’une tendance plutôt calme, dans ses habitudes, enfin son entourage avait tendance à le dire, cette jeune femme n’aimait pas être prise pour une conne par un quelconque service clientèle qu’il soit, elle avait par défaut une aversion pour tous les services clientèles, - à moins qu’ils ne lui remboursent un trop perçu-
Mais dans la plus part des cas c’est parce que leur machin ou leur truc ne fonctionnait pas qu’elle faisait appel à eux et non pas parce qu’elle n’avait pas branché la prise électrique comme avait osé le supposer le SAV de l’ordinateur de sa fille, elle qui avait 2 bac +5 en informatique…
Elle trouva le mail du service clientèle, écrivit une première bafouille…
Madame, Monsieur,
Si votre service comptable était aussi performant que votre service clientèle et non pas que votre service rendu, nous n’aurions pas cet échange ce jour, puisque j’ai fait parvenir à votre service comptable par mail mon RIB pour la mise en place d’un prélèvement automatique, voilà trois mois.
Elle se ravisa, non décidément déclencher la guerre à ce genre de personne ne lui serait d’aucune utilité, elle effaça et repris…
Madame, Monsieur,
Vous venez de m’informer que vous alliez couper mon abonnement internet ; Je vous ai fait parvenir il y a de cela 3 mois mon RIB pour la mise en place d’un prélèvement automatique. Je ne comprends pas.
Cordialement
Mme Dauville
Cordialement, faut pas exagérer pensa-t-elle
Elle effaça et repris
Madame, Monsieur,
Vous venez de m’informer que vous alliez couper mon abonnement internet ; Je vous ai fait parvenir il y a de cela 3 mois mon RIB pour la mise en place d’un prélèvement automatique. Je ne comprends pas.
Sincères salutations
Mme Dauville
Elle expédia le message, son ordinateur fit mine de ne pas répondre, son modem s’était éteint, elle le ralluma ;
Elle ajouta un accusé de réception à son message, modifia le message comme suit et le réexpédia
PS : Comme votre modem ne fonctionne qu’une fois sur 3, après tout, je ne vais vous payer qu’1/3 de la facture
Mais elle reprit, effaça et se ravisa…
PS : Le modem dont je dispose subit des pannes aléatoires
Mail instantané de retour
Madame, Monsieur,
Notre service clientèle a bien reçu votre mail ce jour. Ils prendront contact avec vous dès qu’il sera traité
Cordialement
Le service clientèle
Ce mail est un mail automatique merci de ne pas y répondre
2 jours plus tard
Madame,
Nous avons bien reçu votre mail, j’ai personnellement vérifié auprès de notre service comptable qui n’a rien reçu de votre part. Je vous prie de nous faire parvenir votre RIB au plus tôt afin de régulariser la situation.
Cordialement
Jeanne Dupont
Évidemment, le modem, on n’en parle pas….
Elle avait l’habitude de ce genre de cordialité, les impôts auxquels elle avait envoyé une réclamation concernant la hausse de près de 40% de sa taxe foncière avaient eux aussi ce même ton familier et mesquin, lui disant en gros, t’as pas le choix, tu paies ou je t’envoie les huissiers
Elle écrivit sans retenue le texte suivant
Madame,
Je suis consciente du travail que vous avez effectué sur mon dossier. STOP
Je ne peux scanner mon RIB STOP
Le modem-scanner que vous m’avez fourni a la fonction scanner HS STOP
Etant donné que vous n’êtes pas en mesure de me fournir le service décrit dans notre contrat,- notamment la fourniture d’un modem-scanneur- je ne vois pas pour ma part l’obligation de payer ce service qui n’existe pas
Clientèlement
Mme Dauville
Mail instantané de retour
Madame, Monsieur,
Notre service clientèle a bien reçu votre mail ce jour. Ils prendront contact avec vous dès qu’il sera traité
Cordialement
Le service clientèle
Ce mail est un mail automatique merci de ne pas y répondre
Fuite en avant
Elle posa à terre sa valise, c’était une valise encombrante, bien plus lourde que celles qu’il utilisait habituellement pour ses déplacements. Elle avait décidé ce soir là vers 22H de tout quitter, avait ouvert son dressing, jeté en vrac tout ce qu’y s’y trouvait, s’était dirigée vers la gare, avait acheté un billet pour le premier train qui passait par là, avait chargé cette énorme valise, et s’était assise.
Elle observa la ville disparaitre par la fenêtre puis finit par s’assoupir. Elle n’avait plus de pensée pour quoi que ce soit. Son seul désir, le silence, le calme. Le train l’avait secouée la nuit durant, effaçant tout ce qui avait imposé sa fuite. Au petit matin, elle s’était retrouvée bien loin de chez elle dans un lieu inconnu, un désert industriel, ancien royaume de quelques familles embourgeoisées. Des wagons abandonnés avaient été tagués par d’illustres inconnus. Les herbes hautes, encore givrées, fondaient au soleil levant. Elle avait oublié que n’importe où, ce pouvait être ici aussi. 
Elle s’extirpa de son siège, secoua son corps endolori comme pour le réveiller. Elle hésita une seconde avant de descendre du train. Mais le terminus lui imposa de décharger sa valise encombrante. Elle la traina le long du quai, un vent frais la traversa. Le bruit des roulettes sur le quai retentissaient dans cet immense espace vide. Le soleil, rayonnait à peine entre les nuages. Comme certains jours chez elle, où le soleil joue à cache-cache avec son humeur.
Il était 6h25, elle savait que chez elle, les choses allaient démarrer, dans une heure, on se rendrait compte de sa fuite, dans une heure, son téléphone commencerait à sonner, dans une heure, elle aurait perdu toute cette liberté. Mais elle savait qu’elle avait encore une heure.
Elle longea la gare, cet immense bâtiment crème, qui ressemblait vaguement aux gâteaux de son pâtissier, imposant et vide, son horloge qui depuis longtemps avait oublié de marquer l’heure, et ses immenses yeux de verre mi clos à cette heure ci. Elle entra par l’un d’entre eux dans un grincement de porte bien connu des lieux inhabités. La pièce haute sous plafond, était éclairée par deux grands lustres poussiéreux, sans odeur particulière qui aurait pu la faire fuir ou l’attirer. Quelques tableaux d’affichages vides, de ci de là, des panneaux publicitaires sur lesquels les affiches ventaient les mérites d’objets désuets, un panneau central avec le nom d’une ville inconnue, et dans un coin, une simple porte vitrée, au dessus de laquelle était inscrit, en néons défectueux, café.
Elle se dirigea vers la porte, la poignée tourna difficilement, et la porte s’ouvrit. Elle entra dans la place et reconnu le parfum bien connu de ces bars fréquentés aux heures de lycée, l’odeur de percolateur et de cigarette froide se mélangent à celle de quelque urinoir mal nettoyé. Un homme était assis au comptoir, un autre fin et moustachu essuyait des verres, un cigarillo en bouche, comme si les lois n’étaient jamais parvenues jusqu’à lui… Elle tira une chaise et s’assit à une table mal nettoyée. Sans s’en apercevoir, elle posa son avant bras et fut collée instantanément à celle-ci. Elle tira violement pour décoller son manteau, se déséquilibra et manqua de tomber de sa chaise. L’homme assis au comptoir, pouffa. Il pouvait l’observer dans ces immenses miroirs jaunis années 70 qui se trouvaient derrière le bar. Elle l’entendit, mais ne le vit pas. Le garçon de café se dirigea vers elle. Et dans un nuage et une toux lui dit ‘’ Et pour la chtite dame ce s’ra ?‘’ ‘’ Un café et un croissant s’il vous plait» répondit-elle, il passa une éponge sale sur la table et s’en retourna derrière le comptoir. Une fumée et un bruit violent sortirent du percolateur. L’homme assit au comptoir sorti en silence. Celui au cigarillo lui apporta son café et son croissant posé sur une serviette en papier blanche dans une petite corbeille en osier. Elle but son café et mangea son croissant. Elle eut un léger pincement au cœur de penser que les bruits et les odeurs si familiers qu’elle avait fuit puissent être remplacés par çà. ‘’Çà fera 2 euros’’ dit l’homme qui finirait sa vie ici. Elle déposa l’argent sur la table dans un fracas de petites pièces, et se dirigea vers la porte.
Elle sorti du gâteau, et s’assit sur le seul banc du quai. Il ne lui restait que 10 minutes avant qu’on ne s’aperçoive de sa fuite. Elle commençait à s’affoler, pourquoi ce coups de folie, pourquoi avoir tout plaqué ainsi, pourquoi fuir, et pourtant, ce silence, quel plaisir, quelle jouissance que de pouvoir inspirer, souffler, et relâcher tout son corps à cet instant. Une larme coula sur sa joue comme si elle savait que son erreur pouvait lui couter cher, comment faire demi tour désormais, comment revenir en arrière, comment souffler aussi. Eux, ils la pardonneraient, même si pour un instant la peur les ferait se tenir sage mais lui, pourra t il la pardonner, saura t il la pardonner, et comprendra t il sa fuite? Décidément non, elle ne pouvait pas faire demi-tour. L’homme assis au bar, se dirigea vers le banc, il sortit de sa poche un mouchoir et le tendit à la femme. Surprise, elle leva les yeux, et se jeta dans ses bras. Il avait su qu’en fuyant, elle n’oserait jamais revenir, elle ne reviendrait pas, alors, il l’avait suivie, silencieusement, il s’était assis, et avait veillé sur elle comme sur la prunelle de ses yeux. Il voulait voir jusqu’où serait-elle capable d’aller? Le coin de la rue? Le coin de la ville? Plus loin? Il l’enlaça, lui apposa un baiser dans le cou, puis sur la joue et l’embrassa enfin fougueusement. Elle se laissa fondre dans ses bras. Elle avait compris que rien ne pourrait remplacer leur amour, quelque soit ce qu’ils pourraient traverser. Son téléphone sonna, un train siffla au loin, le soleil avait réussit à déchirer les nuages, les hautes herbes étaient désormais recouvertes de rosée, et leur train arriva à quai.
Tempo
La cadence de la montre qui égrène les minutes
Met dans la vie un tempo doux.
La cadence de la montre qui égrène les minutes
Celles du temps qui passe,
Celles du temps que l’on a,
Celles du temps que l’on aura.
La cadence de la montre qui égrène les minutes
Fait oublier l’été pour entrer dans l’automne.
La cadence de la montre qui égrène les minutes
Fait swinguer les tic et les tac dans une valse perpétuelle.
La cadence de la montre qui égrène les minutes …
Au poignet ce cet homme allongé dans son cercueil.
Talons
Je suis un homme ridicule. Ils me traitent de fou à présent….
Je suis perché sur mes talons compensés, 15 cms, vous imaginez ? Assez mal, et bien moi aussi …
Mes yeux bleus et ces longs faux cils me donnent un regard de biche, ma peau est rasée de près, de très très près, au point de m’être coupé 2 fois cette après-midi. Mes longues jambes dépoilées sur lesquelles frétille mon jupon en tulle, avancent bien maladroitement. Mais finalement je connais bien peu de femmes capables d’en faire autant, et c’est avec fierté que je défile en ce jour …Et oui, gay pride oblige, me voilà moi le refoulé, l’homme qui a toujours su qu’il n’en n’était pas un, l’égérie de toute une horde de femmes-hommes et d’hommes-femmes.
Dire qu’enfant, ma mère me laissait me déguiser. De cette immense malle en osier, je volais mes rêves et mes désirs ; ses chaussures de mariée, le jupon prune de noel de ma sœur, sur lequel je superposais un veston de soie délicatement oublié par ma mère. Des mandarines en guise de seins …Elle riait, mais elle n’aurait pas du. Elle n’aurait pas du me laisser jouer à ces changements de sexe aussi simples et faciles que d’enfiler la tenue de ma sœur. Et pourquoi pas ? J’étais à un âge ou tout est permis, ne pas savoir de quel sexe on est, ne pas savoir que l’on sera socialement obligé d’être du sexe avec lequel on nait, et finalement ne pas savoir que je serai formaté comme les autres, à porter des tenues qui ne ressemblent pas à mon âme, et me torturer éternellement avec ce que les autres peuvent penser…avec ce que je suis au fond …tout au fond….
Puis est venu le temps de l’adolescence, où mon plaisir était de me confondre n’être ni mec ni fille, être seulement ce que je voulais être…Prendre soin de mon corps, porter sous mon jean, un string et un collant avec l’espoir secret que personne ne s’en rendrait compte, et que finalement, si , quelqu’un me libèrerait en faisant éclater la vérité sur ce que je suis, ce que je ressens au fond de moi…
Est venu le temps des amours et de ce que l’on veut construire, mais rien ne se construisait, il fallait que je me trouve pour trouver l’autre. Casser cette coquille dont j’étais « affublée », pour enfin laisser sortir l’oiseau, le magnifique oiseau que je pouvais être en réalité.
Alors un jour, las de perdre mon temps à faire perdre le leur aux autres, j’ai choisi. Les collants se sont affichés, et les regards ont changé. Certes, ils se moquent quelque fois de ce que je suis, et les enfants demandent à leurs parents, si je suis un monsieur ou une dame, mais j’ai abandonné cette chrysalide virile dans laquelle je m’étais figé …
Quant à la petite fille, je l’ai retrouvée… Et j’irai de l’avant, j’irai, j’irai …
Vous ne me croirez jamais
Hier, le ciel m’est tombé sur la tête. Mais je ne vais pas vous raconter ca : vous ne me croirez jamais.
Il est des jours ou l’on se demande si le divin est présent ou pas, non pas que je sois croyante, non pas que je sois athée, mais ces jours-là, on aimerait qu’ils ne soient jamais arrivés, ou qu’ils se répètent à l’éternité.
Si je vous racontais ce qu’il m’est arrivé hier, vous ne me croiriez jamais, et pourtant… J’en ai croisé des choses dans ma vie, des drames, des joies…De ces choses qui se dévoilent à demi-mots dans les ateliers d’écriture. Et oui, malgré mon jeune âge pas encore la moitié de 80, et bien il m’en est arrivé des vertes et des pas mures, mais là….
Vous ne me croirez jamais. Et pourtant….


